La tempête, le soleil, la grisaille.
Tout s'enchaine. Sans cesse, il faut s'adapter, travailler sur soi
pour rester la même personne en toute situation. Pour avancer. Un
jour, le chaos. Le lendemain, une renaissance. Mais à ces embryons
d'espoir souvent on ne donne pas suite, inondés par une grisaille
qui revient bien vite. Pour peu que nous soyons en période
hivernale, la mort des idées arrive précocement. Figés par un
froid insidieux, immobilisés par l'absence de lumière pour éclairer
le chemin à suivre.
Mais peut-on se contenter de survivre
durant toute une saison ? Les années sont courtes, la vie passe
rapidement. Je ne veux pas perdre des heures en désespoir, vivre en
état de catatonie. Si l'on estime encore que la catatonie est la
vie.
Je souffre quand, au lendemain de
journée lumineuse, je sens ma jeune motivation s'éteindre en moi.
Quand le chemin vers lequel j'allais en sautillant la veille me
semble soudainement barré d'obstacles.
Et je ne veux pas laisser faire ça. Je
ne veux pas laisser mourir toutes ces choses en moi. Je ne veux pas
que mon esprit soit un cimetière pour objectifs naissants. J'ai bien
trop besoin de toutes ces petites vies qui s'animent et m'animent. De
leur élan vital pour constituer mon élan vital.
Alors, je refuse de passer ma vie comme
un jour d'hiver. Je veux de la lumière, de la pulsion, de
l'impulsion. J'installerai des lampes douces sur les murs, au
plafond. Je m'entourerai de bleu, de jaune. J'adopterai une
tourterelle.
Je vais faire de ces éphémères idées, des éternelles. Et pour cela, patiemment et jusqu'à ce qu'elles soient assez grandes pour se débrouiller sans moi, il me faudra les nourrir, les éduquer. Et pour qu'elles ne se perdent pas, pour qu'elles ne se voient pas changer de forme, chaque
jour je les dissimulerai dans les textes que je publierai.